Communiqué de Presse

Paris, 30 novembre 2009


Le VIH, 1ère cause de mortalité des femmes dans le monde !

Le rapport de l’ONU 2009 « Les femmes et la santé » doit nous interpeller : aujourd’hui dans le monde, le VIH est la 1ère cause de mortalité et de morbidité des femmes en âge de procréer. Ce rapport rappelle en effet le lourd tribut payé par les femmes dans cette pandémie : précarisation économique, accès à l’éducation et aux soins difficiles, violences subies, criminalisation croissante et discrimination renforcée … sont leur lot quotidien. Le sida est un révélateur des inégalités entre les femmes et les hommes avec une féminisation de l’épidémie grandissante en  particulier en Afrique Sub Saharienne (plus de 60% des PVVIH) Face à la progression constante du VIH, tous s’accordent sur l’obligation de donner priorité à la prévention. Si l’arme du traitement comme « outil de réduction de la transmission » doit être renforcée, elle ne peut suffire : la prise en compte du genre est une donnée centrale dans la conception des actions de prévention quel que soit le cadre des relations (hommes / femmes, HSH..) Dans une lecture de la contamination hétérosexuelle, les inégalités de genre apparaissent comme un facteur de vulnérabilité pour les femmes. Leur dépendance sociale et économique réduit leur autonomie. Tout comme la pression sociale rend difficile à une femme la proposition d’un préservatif à son ou ses partenaires quand il ne lui est pas impossible de l’imposer. Dans ces rapports inégalitaires, les femmes subissent parfois des rapports sexuels non souhaités, risque supplémentaire de contamination. Un accompagnement dans une démarche de réduction des risques doit intégrer  les assignations et normes et une exposition au risque différente : un homme, « censé » avoir des besoins sexuels supérieurs à ceux d’une femme, doit, pour prouver sa virilité, multiplier les partenaires et une femme est censée donner une priorité à la relation et aux sentiments. Au total, les risques ne sont pas pris de la même manière, ni pour les mêmes raisons ! Une prévention efficace, au Nord comme au Sud,  ne peut s’exonérer d’une réelle prise en compte de la construction des genres et les normes et stéréotypes associés. En France comme dans le monde, une lutte efficace contre cette pandémie exige -  la mise à disposition des traitements dans tous les pays -  des moyens pour développer des actions de réduction des risques -  la prise en compte dans ces actions des assignations faites aux hommes et aux femme dans leurs rôles sociaux. Aujourd'hui, tout recul des financements signifierait un abandon de la lutte contre le SIDA

Contacts :
Carine Favier, Présidente, 06 88 52 09 10
Marie-Pierre Martinet, Secrétaire générale, 01 48 07 81 00 / 06 70 19 83 48

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